Désuétude et l’obsolescence
Les objets perdent leur éclat sous la poussière,
Les voix s’estompent au loin dans le bruit des années,
Et les visages aimés, jadis si familiers,
Glissent doucement vers la rive des chimères.
Le temps, grand anesthésiste, apaise les blessures,
Il recouvre le gouffre d’un tapis d’oubli,
La douleur s’atténue, le cœur se rassis,
Et l’on croit avoir tu les anciennes brûlures.
Mais rien ne disparaît tout à fait dans la nuit.
Rien ne s’efface vraiment sous l’effet de l’usure,
Les débris du passé creusent leur propre fissure
Et s’installent tapis dans l’ombre de l’esprit.
Quand le jour se retire et que tombe le soir,
Le subconscient rouvre ses vieilles serrures ;
Les fantômes oubliés, le temps d’un cauchemar,
Rallument les frayeurs qu’on croyait mortes et pures.
Nous marchons guéris, mais hantés malgré nous,
Portant en nos songes le poids de ce qui fut,
Des souvenirs usés qui n’ont jamais disparu,
Et nous murmurent tout bas que le temps efface tout… sauf tout.
— Adam Donaldson Powell

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