Voyage Incline
Cloué au lit secret, les membres immobiles,
J’ai fermé les yeux noirs sur le bruit de la ville.
L’esprit libre et pesant de longs mois sans départ,
J’ai confié mes désirs aux chemins du hasard.
Par la grâce d’un rêve et des songes digitaux,
Mon âme s’est envolée bien au-dessus des maux.
……………………..
Soudain, la pierre chaude et le gravier vibrant :
Me voici transporté au jardin des amants,
Aux Tuileries en fête, sous un ciel de satin,
Où Paris resplendit au creux d’un bel été.
Le soleil est un feu, une tiède caresse,
Qui dissipe l’ennui et ravive la jeunesse.
……………………..
L’air est chaud, parfumé de tilleul et de rose,
Sur les allées de sable où la lumière pose
De grands tapis d’or vif et d’ombres découpées.
Les statues de marbre, immobiles et sculptées,
Rêvent face au bassin où l’eau calme étincelle,
Renvoyant vers le ciel sa lueur immortelle.
……………………..
Autour des eaux fraîches, sur les paires de chaises vertes,
La vie s’offre tranquille, paisible et découverte.
Un vieillard lit son livre à l’ombre d’un marronnier,
Tandis qu’un jeune couple s’embrasse sans compter.
Des enfants font voguer de petits voiliers blancs,
Poursuivant leurs bateaux sous le souffle du vent.
……………………..
Plus loin, sous les grands arbres aux feuillages profonds,
Des promeneurs flânent, goûtant la fraîcheur du fond.
On entend les rires doux, le murmure des pas,
Le bonheur tout simple d’être simplement là.
Rien ne presse le temps, le jour semble éternel,
Suspendu pour toujours sous ce dôme d’azur limpide et vif.
……………………..
Pour moi qui n’ai revu depuis tant de saisons
Que les murs familiers de ma triste maison,
Ce voyage virtuel est une douce aurore,
Un baume sur mon cœur que l’espoir vient dorothée encore.
Je respire ce calme, je bois cette lumière,
Riche de cette escale, ébloui et léger.
……………………..
Quand le rêve s’éteindra et que viendra le soir,
Je garderai en moi ce magnifique espoir :
Que la beauté du monde, même au loin aperçue,
Est un trésor d’amour qui jamais ne se tue.

Leave a Reply