La lettre fictive d’Aicha à sa imame.

Il y a quelques années, j’ai écrit les pensées suivantes dans mon journal : 

«Alors que mes copines françaises apprenaient

les faits de la vie, la sexualité entre autre, moi,

j’écoutais notre imam parler de l’importance

de porter le hijab.

Tandis que mes amies se prêtaient des rouge à lèvres,

on me montrait comment utiliser le crayon

pour me maquiller les yeux

à la mode musulmane.

Je ne regarde plus

les photos Instagram des célébrités,

ni les sites glamour.

Je ne cherche même plus «l’homme de mes rêves”,

car mon futur mari sera choisi par mes parents,

celui-ci devra, bien entendu, être un bon musulman,

et moi, par respect, je devrai porter le hijab.

Mais ce qui me chagrine le plus c’est

lorsque je me regarde dans le miroir,


sachant que mes copines vont s’acheter

de jolies choses en ville,


pour se faire belles.

J’ai lu que les féministes d’autrefois

jetaient leurs soutien-gorge au feu.


Je suis fière d’être musulmane.

Mais parfois, je rêve aussi

de brûler mon hijab.

Et parfois, je me sens honteuse.» 

Mais depuis, j’ai obtenu mon diplôme universitaire, je suis sortie avec plusieurs hommes (musulmans ou non) et j’ai abandonné le hijab. Je suis toujours musulmane, mais pour moi, le hijab est devenu un symbole d’emprisonnement – une oblitération de mes droits en tant qu’être humain et de mon épanouissement en tant que femme. J’ai embrassé ma féminité et j’adore m’habiller avec des vêtements colorés, montrer mon maquillage et mes coiffures, et m’autoriser à sourire ouvertement. J’ai libéré la voix étouffée de ma jeunesse pour chanter, débattre, flirter et me remettre en question, ainsi que mon environnement. 

Et je ne reviendrai pas en arrière.

Non, je ne reviendrai pas en arrière.

— Avec amour et respect,

de la part de votre “petit ange” Aicha M.

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